Éditorial

Deux solitudes, même dans les poubelles

Au début du mois, Statistiques Canada a dévoilé les résultats de son enquête biannuelle sur la gestion des déchets par province au Canada. J’aime toujours fouiller ce genre de données pour voir de quoi il en retourne exactement et pour mieux comprendre l’environnement dans lequel on évolue. Peut-être est-ce parce que j’ai fait ça pendant mes vacances, mais dans ces dédales de chiffres et de méthodologies, j’ai eu l’impression qu’une chatte n’y aurait pas retrouvé ses petits. Je crois même qu’elle s’y serait elle-même perdue. Et, en bout de ligne, à quoi cet exercice sert-il vraiment ?

Ne vous méprenez pas, les données dans le domaine de la gestion des déchets sont essentielles. Elles permettent d’établir des tendances, de voir des faiblesses ou encore d’établir des priorités ou des plans d’action. Encore faut-il comprendre ces données et voir de quoi il en retourne exactement…

Quoi de neuf au FCQGED

La SQRD 2026 approche à grands pas!

Du 19 au 25 octobre 2026, participez à la 26e édition de la Semaine québécoise de réduction des déchets.

Chaque année, la SQRD se dédie au partage de pratiques responsables qui, par le biais de l’éducation, de la sensibilisation et de l’appel à l’action, encourage chaque citoyen·ne à réduire ses déchets à la source et à consommer de façon plus responsable.

Cette édition sera célébrée avec le thème « Je réduis, donc je suis », qui encourage à imaginer un monde dans lequel la réduction fait intrinsèquement partie de la nature humaine. Inspirée du célèbre proverbe de René Descartes, « Je pense, donc je suis », cette formule propose une prise de conscience sur la nécessité de réduire à la source, car la surconsommation n’est pas viable. L’allusion silencieuse au geste de « penser » amène également à réfléchir sur nos habitudes de consommation et aux impacts qu’elles ont sur l’environnement et sur notre bien-être. En d’autres mots, on ne se réalise pas à travers les choses que l’on possède, mais par les gestes que l’on pose.

Une belle programmation d’événements en présentiel et en ligne vous attend! Conférences, ateliers, webinaires, et encore plus!

La 26e édition débutera avec le SALON DE LA RÉDUCTION à la Maison du développement durable le jeudi 15 octobre de 15h30 à 19h00. Venez à la rencontre d’acteurs de changement en environnement, qui intègrent la réduction à la source au cœur de leur mission. Passez quand vous voulez! L’inscription est gratuite.

Plusieurs autres événements, bientôt dévoilés, auront lieu tout au long de la semaine. Inscrivez-vous gratuitement dès maintenant au Salon de la réduction :

Dossiers à suivre

Faites entendre votre voix face aux modifications réglementaires sur la récupération

Nous rapportions, en juillet dernier, plusieurs modifications qui seront bientôt apportées au règlement sur la consigne. À la même date, des changements seront également effectués au règlement sur la collecte sélective et au Règlement sur la récupération et la valorisation des produits par les entreprises (RRVPE), qui régit les programmes ciblés de responsabilité élargie des producteurs (REP) au Québec. Or, contrairement à ce que nous avions relayé dans notre dernière infolettre, des commentaires peuvent être transmis au ministère de l’Environnement jusqu’au 11 septembre 2026, et non jusqu’au 13 août.

Pour ce qui est de la consigne, nous offrions un résumé plus détaillé dans notre infolettre du mois dernier. De manière globale, les modifications proposées visaient principalement à assurer la priorisation des entreprises déjà établies dans la prestation de services de transport, de conditionnement ou de recyclage des matières traitées dans le cadre du système de consigne. Elles visaient également à favoriser l’adoption des contenants à remplissages multiples (CRM) par les producteurs assujettis au système. Nous nous montrons généralement favorables aux changements proposés, mais nous souhaitons également que le gouvernement prévoie une manière d’empêcher la concentration des services de conditionnement et de recyclage aux mains des entreprises actuellement en activité. Nous croyons également qu’une place devrait être faite à des représentants de la société civile sur le comité de suivi du système.

Les modifications relatives à la collecte sélective, pour leur part, ont pour objectif principal de cimenter des dispositions qui avaient été annoncées dans le cadre d’une position administrative lors de la parution du bilan de l’organisme de gestion du système en mars 2026. À cet effet, le projet de règlement introduit un report de l’obligation de desserte de certains territoires et de certains types d’installations. Il reporte et réduit également les taux de récupération à atteindre pour plusieurs types de matières visées. Au-delà de ce qui avait été annoncé dans la position administrative, le projet de règlement prévoit également le retrait d’une obligation pour les producteurs de verser une contribution au Fonds vert pour l’utilisation de matières compostables ou dégradables. En général, nous sommes plutôt défavorables aux mesures proposées dans ce projet de règlement. Nous comprenons notamment mal ce qui explique le report des obligations des producteurs dans la mesure où ces derniers semblaient dégager un bilan positif de la première année d’opération du système de collecte sélective modernisé.

Pour terminer, les modifications au RRVPE semblent centrer sur un allègement des obligations financières relatives aux plans de redressement imposés en cas de non-atteinte des cibles fixées par le règlement. On y retrouve également un ensemble de dispositions visant à favoriser le réemploi des produits ciblés par les programmes de REP. Nous sommes plutôt défavorables à la première de ces catégories de changement et plutôt favorables à la seconde.

Pour plus de détails, consultez les projets de modifications réglementaires ciblant chaque mode de récupération avant d’envoyer vos commentaires en contactant le ministère de l’Environnement par courriel à l’adresse prévue :

Des montants supplémentaires chargés pour les contenants consignés

Le 30 juillet dernier, un article de La Presse mettait en lumière la perception d’écofrais lors de l’achat de contenants de boissons consignés. Ce sont des consommateurs qui ont soulevé des questions en constatant l’apparition de nouveaux montants sur leur achat dans un magasin Costco. Une recherche à ce sujet a permis de constater que cet écofrais pouvait être affiché par les détaillants et les producteurs en réponse à une demande de contribution aux producteurs par Consignaction, l’organisme chargé de la réforme du système de consigne au Québec. 

Nous avons été étonnés d’apprendre l’existence de cette pratique. En effet, bien que Consignaction ait décidé de demander une contribution aux producteurs dès mars 2025, aucune attention n’a été attirée par l’organisme sur cette nouvelle pourtant importante. Plus fondamentalement, toutefois, nous n’avions jamais réellement envisagé la possibilité que la disposition du règlement sur la consigne permettant l’exigence de contributions soit invoquée si tôt après la modernisation du système. En effet, avant que la réforme de la consigne ne soit attribuée à un organisme de gestion désigné représentant les producteurs, le système dégageait un surplus à partir des montants de consigne non réclamés et de la vente des matériaux récupérés. Il est donc, à prime abord, étonnant que le nouveau système génère des coûts plus importants pour des taux de récupération comparables.

Malgré tout, il est important de noter que l’imposition d’une contribution financière supplémentaire aux producteurs n’est pas une anomalie dans le contexte des systèmes de consigne moderne. En effet, selon un rapport de l’organisme Reloop paru en avril 2026, la majorité des systèmes de consigne à l’échelle mondiale reposent en partie sur ce type de contribution. Toujours selon le même document, ces contributions peuvent renforcer la responsabilisation des producteurs et l’éco-conception, particulièrement lorsqu'elles sont modulées selon les matières mises en marché et qu’elles sont internalisées par les producteurs. Si le système québécois suit la première de ces meilleures pratiques, le portrait est plus nuancé pour la seconde étant donné la possibilité d’afficher un éco-frais sur la facture des consommateurs. 

Indépendamment de ces considérations, cette nouvelle nous semble tout de même alarmante en considérant les critiques récentes qui ont été émises face à la réduction du nombre de lieux de retour de contenants consignés. Ces remises en cause ont lieu alors le gestionnaire du système  poursuit un virage visant à réduire le nombre total de lieux de retour tout en concentrant les opérations vers les centres Consignaction et Consignaction+. Au-delà du risque que cette orientation représente pour l’adhésion au système, nous nous demandons également s’il ne contribue pas à augmenter les coûts du système et, par le fait même, à encourager le recours à des contributions des producteurs. Bien que nous soyons d’avis que les centres Consignaction font partie de la solution, nous remettons en cause le degré d’importance que semble vouloir leur accorder l’organisme chargé de la réforme du système.

Bien que nous demeurions ambivalents face à l’exigence de contributions auprès des producteurs et face aux écofrais qui en résultent, nous tenons tout de même à noter que la consigne demeure un système de récupération à faible coût pour ses usagers. D’ailleurs, les autres principaux systèmes comparables au Québec, qu’il s’agisse de la collecte sélective ou des programmes particuliers sous responsabilité élargie des producteurs (REP), reposent sur les mêmes structures de contributions qui occasionnent des coûts pour les consommateurs. Ces derniers ne sont simplement pas affichés directement sur la facture au moment de la vente dans le cas de la collecte sélective. Cette dernière a d’ailleurs attiré l’attention il y a quelques mois en raison des augmentations des contributions qui avaient été exigées des producteurs. Bref, même s’il est désolant de voir les nouveaux coûts engendrés par la consigne, il n’y pas de raison de croire qu’une alternative serait moins coûteuse pour les consommateurs. 

Pour plus de renseignements, consultez l’article de La Presse ou le tableau des contributions exigées au producteurs par Consignaction :

Nouvelles de nos membres et partenaires

Vire au vert organise un débat sur l’environnement dans le cadre des élections provinciales

Dans le cadre de la campagne électorale provinciale, Vire au vert organisera un débat centré sur les enjeux environnementaux lors du 5 à 7 de la rentrée de l’organisme Vivre en Ville. Suivi d’un cocktail, le débat aura lieu le 16 septembre 2026 de 16h30 à 17h45 à l’atrium de la Maison du développement durable, à Montréal. Les inscriptions sont gratuites, mais obligatoires.

Le débat ouvrira la soirée. Bien que consacré aux enjeux environnementaux de manière large, il mettra un accent particulier sur les inégalités sociales. Il abordera notamment la protection de la biodiversité, l’aménagement du territoire, l’habitation, la mobilité et l’adaptation aux changements climatiques. Les cinq principaux partis politiques seront invités à présenter leur vision et les solutions qu’ils proposent pour répondre à ces grands défis au cours des prochaines années.

L’initiative Vire au Vert, dont le FCQGED est partenaire, est un mouvement visant à favoriser la prise d’engagements ambitieux en faveur de l’environnement des partis politiques et des élu(e)s. Agissant de manière non-partisane Vire au vert, cherche à informer, à mobiliser et à supporter la population afin qu’elle puisse exprimer ses préoccupations environnementales.

Inscrivez-vous gratuitement au 5 à 7 de Vivre en Ville pour assister au débat :

Du nouveau dans le dossier Stablex : manifestation à Blainville

Le 15 août dernier, une centaine de citoyens de Blainville se sont mobilisés pour dénoncer le projet d’agrandissement de Stablex, qui prévoit l’ajout d’une sixième cellule d’enfouissement sur leur site. Organisée par la Coalition des citoyens de Blainville et Climat Québec, la manifestation avait pour objectif de freiner le projet et ainsi limiter les dommages environnementaux et les risques sanitaires causés par les activités de Stablex.

Le ministère de l’environnement n’a d’ailleurs toujours pas répondu aux résultats de la campagne d’échantillonnage rendus publics en juin dernier par la Coalition, qui révélait la présence de métaux toxiques dans les eaux à proximité du site d’enfouissement. Celle-ci espère enfin que le gouvernement prendra au sérieux leurs revendications, particulièrement à l’aube du déclenchement de la campagne électorale provinciale.

Pour en apprendre davantage sur l’avancement du dossier, consultez l’article de La Presse :

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Le FCQGED dans les médias

ICI Radio-Canada (Nouvelles) – 21 août 2026
Con$igne inc. : brasser des affaires à coup de 10 cents

FM 98,5 Montréal (La Commission) – 19 août 2026
Où vont nos déchets laissés à l’écocentre ?

ICI RDI (L’info maintenant) – 6 août 2026
Consigne : le verre et les cartons seront acceptés

FM 98,5 Montréal (Le Québec maintenant) – 4 août 2026
«On a très peu d'informations sur la façon dont tout ça sera géré»

102.1 FM BLVD (Marceau le matin) – 4 août 2026
Consignaction n'est pas prête pour la récupération du verre

Radio-Canada Première Estrie (Par ici l’info) – 4 août 2026
Consignation du verre, des inquiétudes soulevées

Radio-Canada Première Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (D’Est en Est) – 30 juillet 2026
Des frais de consigne payés deux fois?

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