Éditorial
Brisons le cycle infernal de la saucisse
Savez-vous quel est le lien entre les déchets sauvages qui ressurgissent suite à la fonte des neiges et les nids de poule ? C’est que ces sujets ont tous deux occupé une grande place dans l’espace public ce printemps. Un peu plus, et quelqu’un allait proposer que l’on remplisse de déchets les trous qui se forment dans les rues pour les colmater. Oui, j’exagère, mais à peine. Mais c’est vrai que plus c’est sale, plus les gens ont tendance à jeter. Un peu comme les prétentions d’une certaine marque de saucisses dont on disait que leur fraîcheur incitait les gens à en manger. Et, comme plus les gens en mangeaient, plus elles étaient fraîches. Mais à l’envers. Je pense toutefois que nous devrons sérieusement nous attaquer à ce cercle vicieux, à cette théorie de la fenêtre brisée comme disent les Américains.
Alors, permettez-moi, momentanément et pitoyablement, de m’improviser en SPP (Simon Paré-Poupart, le sociologue des déchets et non pas PSPP) et de tenter de détricoter tout ça…
Les actualités du mois
Quoi de neuf au FCQGED
Dossiers à suivre
Nouvelles de nos membres et partenaires
Quoi de neuf au FCQGED
Un Jour de la Terre sous le signe de l’éducation
À l’occasion du Jour de la Terre, nous avons été invités par la Formation continue et aux entreprises du Cégep du Vieux Montréal à présenter un atelier sur le tri à la source des matières résiduelles. En adoptant le format ludique d’un jeu-questionnaire, notre atelier de tri a permis de présenter les différentes voies de collecte des matières tout en favorisant l’engagement des participants.
Bien que la réduction à la source et le réemploi demeurent les priorités en gestion des matières résiduelles, le tri à la source demeure un jalon important pour assurer que nos systèmes de récupération, en aval, performent au meilleur de leur capacité. Nous sommes donc reconnaissants d’avoir pu échanger avec les étudiants du cégep pour en faire la promotion.
Nous préparons la SQRD 2026 !
La 26ème édition de la Semaine québécoise de réduction des déchets aura lieu du 19 au 25 octobre 2026 ! Rendez-vous cet automne pour encourager et célébrer la réduction à la source partout à travers la province.
Nous sommes déjà en train de préparer la programmation de la prochaine édition; attendez-vous à en apprendre plus sur les événements que nous préparons et sur les thématiques que nous développons. Dici-là, suivez la SQRD sur les réseaux sociaux pour prendre connaissance du contenu éducatif et des événements organisés dans le cadre de la SQRD à l’année!
Dossiers à suivre
La transparence de l’agrandissement du LET de Saint-Thomas contesté par… Saint-Thomas
Selon un article de La Presse, le maire de Saint-Thomas accuse la MRC de Joliette de ne pas lui transmettre l’ensemble des informations nécessaires à la prise de décision concernant le projet d’agrandissement du lieu d’enfouissement technique (LET) situé sur son territoire. Selon l’élu, la direction et la préfecture de la MRC refuseraient de lui transmettre des conventions, correspondances, contrats, courriels ou opinions juridiques relatifs au projet. Le préfet de la MRC a répliqué à ces allégations en expliquant qu’il avait transmis l’ensemble des documents requis à la municipalité. Il a toutefois évoqué la nécessité de passer par la Commission d’accès à l’information pour avoir accès à des informations supplémentaires. Le préfet a d’ailleurs indiqué certaines réserves à transmettre des informations sensibles en lien avec le projet au maire de Saint-Thomas, puisque ce dernier compte parmi ses proches des membres de groupes locaux opposés à l'agrandissement du site.
Face à cette situation, le conseil municipal de Saint-Thomas réclame l’intervention du gouvernement provincial. Les élus ont voté à l’unanimité pour que le ministère des Affaires municipales du Québec désigne « un administrateur provisoire, un tuteur ou un observateur indépendant auprès de la MRC de Joliette ». Le maire de Saint-Thomas a également évoqué, à plus long terme, la possibilité que la municipalité quitte la MRC de Joliette. Dans l’ensemble, la prise de position publique du maire de Saint-Thomas tranche d’ailleurs avec le support historique de la municipalité à l’égard du LET.
Ces développements récents s’inscrivent dans le contexte d’un parcours tortueux pour le projet d’agrandissement du LET de Saint-Thomas. Au cours des derniers mois, nous avons rapporté successivement, la plainte de citoyens face à ce qu’ils considéraient être un manque de transparence dans les processus décisionnels entourant le projet ainsi qu’un blocage de ce dernier par la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ). Cette dernière remettait en question le choix de terrain préconisé pour l’agrandissement; la CPTAQ jugeait injustifiable la perte de milieux agricoles prévue dans la version actuelle du projet, alors que des terrains plus propices à l’enfouissement se situent dans la municipalité voisine de Saint-Geneviève-de-Berthier.
Nous sommes sympathiques à la situation de la municipalité de Saint-Thomas et nous saluons sa volonté d’effectuer un examen critique du projet d’agrandissement du LET. Il nous semble également malvenu de la MRC de Joliette de ne pas offrir sa pleine collaboration aux démarches d’une municipalité membre qui pourrait être appelée à héberger le projet d’agrandissement d’un LET de grande envergure.
Toutefois, en comprenant bien le désir de l’administration municipale de Saint-Thomas de pouvoir cheminer dans ce dossier, nous nous interrogeons quant à la pertinence d’impliquer le gouvernement provincial. La capacité annuelle importante du site et son territoire de desserte étendu doivent également être considérés. En 2021, le gouvernement provincial avait décrété une zone d’intervention spéciale (ZIS) afin de permettre l’agrandissement du lieu d’enfouissement Drummondville, malgré le rejet de la population et de l’administration municipale. Ce LET recevant également un volume élevé de matières, la crainte d’une « importante problématique d’hygiène et de salubrité publique » avait été citée afin de justifier la décision.
On doit retenir de ce cas que le respect des droits environnementaux et la volonté des populations locales ne sont pas systématiquement la priorité des décideurs provinciaux en matière d’enfouissement. L’intervention demandée par le conseil municipal de Saint-Thomas pourrait se retourner contre elle si le gouvernement du Québec en venait à la conclusion qu’une approche plus décisive est nécessaire pour résoudre l’impasse actuelle. En ce sens, l’idée d’une mise en tutelle de la MRC de Joliette pourrait être prématurée.
Le gouvernement finance la valorisation de la chaleur de l’incinérateur de Québec
Le gouvernement du Québec a annoncé l’octroi de 5,3 millions de dollars afin de soutenir la valorisation de la chaleur de l’incinérateur de Québec par une usine de papier de Nordic Paper. Le montant sera utilisé pour optimiser le système de production de papier de l'usine et la conduite qui la relie déjà à l'incinérateur afin d'en maximiser le potentiel énergétique. Plus précisément, le projet visera à alimenter un nouveau système d’aération ainsi que le système de chauffage de l’usine à l’aide de la vapeur de l’incinérateur.
Comme la vapeur se substituera à de l'électricité et à du gaz naturel, le gouvernement a insisté sur les gains occasionnés par le projet en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Le ministre de l’Environnement a d’ailleurs présenté la valorisation de la chaleur de l'incinérateur comme une forme d’« énergie renouvelable » qui permettra de faire de l’installation de Nordic Papers une « usine de papier zéro émission ».
À notre avis, l'usage de ces deux qualificatifs est inapproprié. En commençant avec l’idée d’une énergie renouvelable, il nous semble essentiel de rappeler que la vapeur générée provient de la combustion de matières autrement valorisables. D’ailleurs la viabilité des incinérateurs comme mode d’élimination est directement liée à notre surconsommation; les investissements considérables requis pour la mise sur pied et l’opération d’une telle installation doivent être justifiés par un apport conséquent en matières résiduelles. Cette nécessité d’alimenter le processus est un incitatif de moins à détourner lesdites matières de l'élimination. Ainsi, bien qu’on puisse dire que l’énergie issue des activités de l’incinérateur est actuellement perpétuée par notre consommation, elle n’est pas pour autant renouvelable et encore moins soutenable.
Dans un ordre d’idée similaire, bien que le projet permette de réduire les émissions de GES directement attribuables aux activités de l’usine de papier, il nous semble erroné de ne pas considérer les émissions de l’incinérateur en parlant d’un projet « zéro émission ». En effet, dans la mesure où l'opération de l’incinérateur devient essentielle au fonctionnement de l’usine, il paraît plus approprié de considérer conjointement le bilan carbone des deux installations. Ce recadrage conduit naturellement à s’interroger sur les émissions générées par l’incinération.
Selon l’Environmental Protection Agency (EPA), l’incinération d’une tonne de matières résiduelles peut produire entre 0,7 et 1,7 tonne de CO2. Afin de rendre compte de ces chiffres à une plus grande échelle, cela voudrait dire que l’incinérateur de Québec, dont la capacité de traitement annuelle est de 312 000 tonnes, émettrait entre 218 000 et 530 000 tonnes de GES par annnée, soit l’équivalent des émissions annuelles de 81 000 à 196 000 voitures compactes sur une distance de 15 000 km. Nous notons d’ailleurs que, contrairement à l’enfouissement, dont les émissions de GES peuvent être majoritairement mitigées par le détournement des matières organiques, les possibilités d'atténuation des émissions de l’incinération sont limitées. Bref, même si la vapeur est un sous-produit secondaire de l’activité d’élimination, on peut difficilement affirmer qu’une source d’énergie qui génère autant de GES qu’une centrale au gaz ou au mazout permet la réalisation de projets qui sont réellement zéro émission.
En terminant, il nous paraît essentiel de considérer cette annonce d’investissement en regard du projet de relocalisation de l’incinérateur de Québec évoqué par l’administration municipale. En effet, durant la campagne électorale municipale de 2025, le parti Québec forte et fière, qui a remporté l’élection, avait mis de l’avant un plan visant à ce qu’un nouvel incinérateur soit mis en fonction. Ce projet permettrait de fermer l’incinérateur actuel et de sortir les activités d’élimination des quartiers centraux de la ville. En considérant cet engagement, on peut se demander ce qui adviendra alors de l’approvisionnement en énergie à l’usine de Nordic Paper. De manière plus large, on pourrait aller jusqu’à interroger la pertinence d’investissements publics dans un projet qui semble voué à la désuétude à moyen terme.
Le BNQ veut vos commentaires pour une nouvelle norme sur les digestats
Le Bureau de normalisation du Québec (BNQ) souhaite recueillir vos commentaires sur son projet de norme sur les digestats issus de la biométhanisation. Dans le cadre de sa consultation publique, le BNQ est à la recherche de suggestions de modifications qui seraient susceptibles d’améliorer les paramètres de la norme avant d’adopter sa version finale.
La norme proposée établit deux types de digestats (A et B) qui se distinguent par le niveau de qualité atteint quant à la présence de corps étrangers ainsi que plusieurs paramètres chimiques et microbiologiques. Une attention est notamment accordée aux métaux lourds, aux dioxines et furanes et aux SPFA pour les paramètres chimiques, et à l’E. coli et aux salmonelles pour les paramètres microbiologiques. Pour l’ensemble de ces paramètres, les digestats de type A présentent des niveaux de contaminations plus faibles que ceux de type B, ces derniers devant plutôt respecter des seuils correspondant aux limites légales ou plus près de celles-ci.
Les normes du BNQ nécessitant une adhésion volontaire, l’établissement de leurs limites fait l’objet d’un équilibrage complexe; d’un côté, si la norme est trop permissive, elle ne permettra pas d’offrir une démarcation claire des produits répondant aux préoccupations des parties prenantes. De l’autre, une norme trop sévère risque d’être délaissée par les producteurs de digestat. C’est dans ce contexte que notre directeur, Karel Ménard, a siégé au comité de création de la norme. Cet exercice a permis de prôner le respect des principes du FCQGED dans le développement du document de travail sur lequel vous pouvez vous prononcer.
Pour participer à la consultation, vous devez naviguer dans la section « Consultations publiques » de la boutique en ligne du BNQ, puis ajouter la consultation « Amendements organiques - Digestats issus de la biométhanisation » à votre panier. Il n’y a pas de montant à débourser pour obtenir les documents. Il vous faudra toutefois compléter le processus d’achat comme si vous souhaitiez effectuer une transaction. Une fois vos commentaires rédigés, vous devrez les faire parvenir à l’adresse [email protected] avant le 14 juin 2026.
Pour accéder aux documents, consultez la boutique en ligne du BNQ :
Nouvelles de nos membres et partenaires
Vire au Vert interpelle les partis en prévision des élections provinciales
À l’occasion du Jour de la Terre, les membres de Vire au Vert, une coalition de 24 groupes environnementaux dont le FCQGED fait partie, se sont rassemblés à Montréal afin d’interpeller les partis politiques en prévision des élections provinciales prévues pour l’automne 2026. À cette fin, Vire au Vert propose une série d’orientations et de pistes d’actions. Selon ses membres, ces dernières permettront de bâtir la résilience du Québec en valorisant notre territoire, en utilisant nos ressources de manière durable et en renforçant notre démocratie.
Alors que les gouvernements font face à un contexte économique incertain en affaiblissant les normes environnementales et les mécanismes de consultation publique, la coalition avance plutôt que ces éléments sont les leviers qui permettront de développer notre autonomie et notre capacité à affronter les crises.
Concrètement, cette vision s’articule en une série de mesures qui lient les préoccupations de la population à des solutions fondées sur le respect de l’environnement et du droit. Par exemple, le développement continu de projets de mobilité durable doit notamment être perçu comme une manière de rendre la mobilité plus efficace. Au niveau de la consommation, un enjeu qui tient à cœur au FCQGED, la coalition invite les partis à « s’engager à réduire la pression sur les sites d’enfouissement en favorisant la réduction à la source, le réemploi et la réparation ». La diminution du recours à l’élimination permet, entre autres, de réduire les dépenses publiques associées à la gestion des matières résiduelles.
Pour plus d’informations, consultez le communiqué de presse de Vire au Vert ou ses orientations pour les partis politiques :
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Le FCQGED dans les médias
The Montreal Gazette – 28 avril 2026
Montreal’s plan to cut mobile hazardous waste collections raises environmental concerns
CBC (CBC News Montréal) – 27 avril 2026
Montreal ends mobile household hazardous waste pickup
CBC Radio (Radio Noon) – 27 avril 2026
Montreal is dirty. The mayor says you should help clean up. Is she right?
Radio-Canada (Le téléjournal Québec) – 24 avril 2026
Encore du travail à faire pour la gestion des matières résiduelles dans les entreprises
ICI Radio-Canada (Ça s’explique) – 22 avril 2026
Recyclage : nos efforts en valent-ils la peine?
La Presse – 21 avril 2026
La SAQ fait volte-face
ICI radio-Canada (En bref) – 20 avril 2026
La SAQ va continuer à donner des boîtes en carton
CBC Radio Québec (Breakaway) – 17 avril 2026
Quebec pushes back recycling targets
ICI Radio-Canada Première (Le 15-18) – 17 avril 2026
Fini les boîtes gratuites à la SAQ : un geste loin d’être écolo
TVA / LCN (Nouvelles) – 15 avril 2026
Québec recule sur les cibles à atteindre
Le Journal de Montréal – 15 avril 2026
Contenants, emballages, imprimés: Québec recule sur les cibles de recyclage à atteindre
Le Journal de Montréal – 1er avril 2026
Ancien dépotoir Miron: un organisme s’oppose à la reprise des activités d’enfouissement
Communiqué (conjoint)
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