Éditorial
To REP or not to REP
Je me souviens d’une phrase écrite en 2009 par une personne que l’on pourrait qualifier de sage ou de visionnaire, à propos de la récupération des matières recyclables au Québec : « Il faudrait augmenter la qualité des matières récupérées tout en développant parallèlement notre industrie du recyclage, ici, au Québec ». Cette citation, tirée d’un document annonciateur des changements que connaîtra la récupération dans la province pourrait malheureusement encore trouver écho aujourd’hui…
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Quoi de neuf au FCQGED
Dossiers à suivre
Quoi de neuf au FCQGED
Événement de la SQRD à l’année : Atelier de maquillage nutritif
À vos agendas! La Semaine québécoise de réduction des déchets (SQRD) collabore avec la Maison du développement durable afin de proposer un événement alliant cosmétiques et écoresponsabilité. À l’occasion de cet atelier unique en son genre, venez découvrir une gamme montréalaise de maquillage naturel conçue à partir de légumes et de fruits revalorisés. Apprenez également à appliquer le maquillage en respectant les caractéristiques uniques de votre peau.
L’atelier sera animé par Anaju Enciso, la fondatrice de Yanél Cosmétique Nutritive. Anaju est cosmétologue et experte en développement de formulations cosmétiques et en extraction de pigments végétaux. En participant, vous pourrez profiter de ses conseils personnalisés pour un maquillage naturel et facile à intégrer au quotidien.
📍Maison du développement durable (50, rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal (Québec) H2X 3V4)
📅 11 mars 2026, 17h00 à 19h00
Inscrivez-vous dès maintenant ou consulter notre portrait d’Anaju Enciso pour en apprendre davantage sur sa démarche et ses projets :
Visionnez l’enregistrement de notre webinaire sur le prochain élargissement de la consigne
Le 26 février dernier, nous avons organisé un webinaire sur la prochaine phase d’élargissement de la consigne prévue pour 2027. Avec la prise en charge des contenants de verre et des multicouches, cette dernière phase de modernisation de la consigne pourrait s’avérer être l’une des plus complexes. Ainsi, c’est avec un intérêt marqué que nous avons accueilli les points de vue d’Alexis Eisenberg, directeur pour la France et les pays francophones chez Reloop, et de Michel Dépatie, épicier et président de l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA).
Les interventions de nos deux présentateurs ont mis en lumière les facteurs susceptibles d’assurer le succès de la prochaine réforme, mais aussi les défis importants qui devront être pris en compte afin de permettre sa mise en place sur le terrain. Bref, l’événement a permis de décortiquer plusieurs des enjeux centraux de la prochaine phase d’élargissement de la consigne au Québec.
Nous remercions chaleureusement nos intervenants ainsi que toutes les personnes qui ont participé à l’événement; les questions posées et les échanges qu’ils ont permis de susciter ont été la clé du succès de ce webinaire.
Vous avez manqué l’événement ou que vous souhaitez le revoir, vous pouvez consulter l’enregistrement du webinaire dès maintenant :
La bourse Michel Séguin 2025 remise à l’école Étoile filante
Nous sommes allés remettre la bourse Michel Séguin 2026 aux élèves de l’école primaire Étoile filante à Montréal. C’est dans la joie et dans une atmosphère de fête que nous avons pu féliciter les quelque 130 élèves de l’école pour leur engagement envers la réduction à la source. La bourse de 1000$ a été remise aux sept ambassadeurs de la réduction, des élèves choisis pour présenter les différents projets ayant mené à la sélection de l’école.
Au cours de la dernière année, l’école Étoile filante a proposé une multitude d’activités permettant d’initier les élèves à des modes de consommation plus responsable. Des échanges de costumes, de livres et de jeux ont permis de montrer que le réemploi est une alternative viable à l’achat de biens neufs. De plus, des ateliers de cuisine et de fabrication de savons zéro déchet ont permis de développer l’autonomie des jeunes et l’adoption d’habitudes de vie contribuant à la protection de l’environnement.
Le montant de la bourse permettra de consolider les initiatives de réduction existantes et d’en développer de nouvelles. L’école envisage notamment de faire l’achat de machines à coudre qui pourront être utilisées dans le cadre de projet de réparation et de réemploi de textile.
Nous tenons à féliciter encore une fois les élèves et les représentantes de l’école Étoile filante! Leur projet, comme tous ceux que nous avons étudiés dans le cadre de l’octroi de la bourse, sont une réelle source d’inspiration.
Pour en apprendre davantage sur la bourse Michel Séguin et sur les manières de préparer ou de soumettre un projet pour l’édition 2026, rendez-vous sur le site de la Semaine québécoise de réduction des déchets (SQRD) :
Dossiers à suivre
Le BAPE voit juste face à l'agrandissement du seul LET du Saguenay-Lac-Saint-Jean
En janvier 2026, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) a publié son rapport sur le projet d’agrandissement du lieu d’enfouissement technique (LET) d’Hébertville-Station. Bien que le rapport soit favorable à l’agrandissement du site, la commission du BAPE émet tout de même certaines réserves face au projet. Les conclusions du document permettent de mettre en exergue des éléments importants du portrait de la gestion des matières résiduelles au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Pour bien comprendre les enjeux analysés par le BAPE, il faut saisir le contexte particulier de l’agrandissement du LET d'Hébertville-Station. Au cours des dernières années, en raison de la fermeture d’autres installations régionales, ce site d’enfouissement est devenu le principal lieu d’élimination du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Cette évolution n’est toutefois pas le fruit du hasard. En 2015, une entente municipale était signée entre la Ville de Saguenay, la MRC du Fjord-du-Saguenay et la Régie des matières résiduelles du Lac-Saint-Jean (RMR), qui est propriétaire et gestionnaire du LET d’Hébertville-Station. L’entente visait principalement à ce que le site d’enfouissement de la RMR augmente sa capacité afin d’accueillir les matières de 14 nouvelles municipalités.
Pour le BAPE, cette entente est à l’origine de l’augmentation importante des besoins en élimination dans le contexte du projet; alors que le LET d’Hébertville-Station prenait en charge 70 000 tonnes de matières résiduelles en 2016, cette quantité avait atteint 203 500 tonnes en 2024. La commission notait que la modification de décret ayant permis l’augmentation des quantités enfouies était exceptionnelle dans le contexte des augmentations similaires dans l’histoire de la province. Elle se démarquait tant par l’ampleur de l’augmentation que par le court délai entre l’approbation initiale de projet et la demande de modification.
Notamment en raison de son importance, le BAPE se montre critique à l’égard du manque de transparence entourant la signature de l’entente. En effet, cette dernière a été élaborée et adoptée sans en aviser le comité de vigilance du LET d’Hébertville-Station. Celui-ci avait pourtant demandé à plusieurs reprises à être mis au courant de tout développement concernant une éventuelle entente. De plus, les consultations publiques portant sur l’augmentation de la capacité annuelle du site ont été organisées uniquement après la signature de l’entente. Dans l’ensemble, la commission décrit ces éléments comme allant à l’encontre des bonnes pratiques dans le domaine.
Un autre point saillant aux yeux de la commission est la capacité annuelle demandée par le site dans le cadre du projet. La Régie demande une reconduction de la quantité maximale autorisée dans le décret précédent, soit 203 000 tonnes par année. Ce nombre s’appuierait à la fois sur les besoins d’enfouissement régionaux observés en 2016 et sur le désir de conserver une « marge de manœuvre » permettant la prise en charge de volumes importants de matières résiduelles générés de manière inattendue.
Or, le BAPE souligne que cette capacité annuelle ne représente pas les besoins d’élimination réels de la région, ceux-ci étant appelés à décroître au cours des prochaines années selon l’ensemble des scénarios modélisés par la Régie. Ainsi, la marge de manœuvre de 10% souhaitée par l'initiatrice du projet correspondrait plutôt dans les faits à un excédent de 30%. La commission recommande donc que la capacité annuelle autorisée du projet soit revue à la baisse afin de refléter les besoins attendus. Il juge également que cette capacité devrait être décroissante de façon à être conforme aux projections de quantités générées réduites au fil des ans.
Un dernier point à souligner de l’analyse du BAPE concerne la compensation prévue pour la destruction de milieux humides et hydriques dans le cadre du projet d’agrandissement. La commission constate, dans un premier temps, que l'étendue de milieux affectés par le projet est considérable à l’échelle de la région. Alors que 12,4 ha de milieux humides et hydriques avaient été détruits dans l’ensemble de la MRC de Lac-Saint-Jean entre 2017 et 2023, le projet d’agrandissement entraînerait la perte de 10 ha à lui seul.
Dans un second temps, le BAPE note que le mécanisme de compensation financière prévu par la loi est inefficace; les fonds issus des compensations ne sont pas suffisamment utilisés pour permettre d’atteindre les objectifs de création et de restauration de milieux humides et hydriques. Dans la MRC de Lac-Saint-Jean, en dépit de la dizaine d’hectares affectée au cours de la dernière décennie, aucun projet n’a été réalisé sur le terrain. Cette situation nuit à l'atteinte des objectifs du gouvernement de n’enregistrer aucune perte nette de ce type de milieu. Conséquemment, la commission recommande que la Régie, en collaboration avec le MELCCFP, définisse et mette en place un projet de création de milieux humides et hydriques.
Les recommandations du BAPE dans ce dossier sont conformes à la perspective du FCQGED. Le manque de transparence relevé quant à l’adoption de l’entente entre le Régie, la Ville de Saguenay et la MRC du Fjord-du-Saguenay nous semble aller à l’encontre du principe de démocratisation que nous prônons. En effet, il semble difficile d’évoquer un rôle actif des citoyens au sein des processus décisionnels dans une situation où les consultations publiques sont effectuées subséquemment à la prise de décision.
Nous saluons également la recommandation d’une capacité annuelle revue à la baisse et décroissante dans le cas du LET d’Hébertville-Station. En maintenant la quantité de matières admises sur le site en phase avec les besoins régionaux, nous jugeons que le projet éviterait de se rapprocher des grands sites de la province qui importent des matières d’autres régions pour répondre à des incitatifs principalement économiques. Autrement dit, une élimination limitée dans ce dossier permettrait d’assurer que les activités du LET demeurent un service d’utilité publique plutôt qu’une activité commerciale.
Finalement, nous appuyons la position du BAPE en ce qui concerne la compensation des milieux humides et hydriques. Déjà, en 2023, nous soulevions l’inefficacité des compensations monétaires lors des audiences publiques sur l’agrandissement. Ainsi, les recommandations de la commission tenant compte de la nécessité de mettre en place des projets concrets nous semblent lucides.
Pour plus d’informations, consultez le rapport complet du BAPE :
Un premier portrait des matières entrant et sortant des centres de tri de CRD
En dépit de leur importance dans le portrait des matières résiduelles générées et éliminées chaque année au Québec, la réalité terrain du traitement des résidus de construction, rénovation et démolition (CRD) demeure peu connue du grand public. Dans un effort de développement des connaissances entourant ce secteur, RECYC-QUÉBEC a effectué la première étude de caractérisation des matières acheminées et sortantes des centres de tri de CRD de la province.
Une des particularités intéressantes de cette étude est qu’elle s’appuie sur une méthodologie uniformisée pour la collecte des données sur le terrain. Cette pratique contraste avec les bilans de la gestion des matières résiduelles diffusés régulièrement par RECYC-QUÉBEC qui s’appuient plutôt sur des données rapportées par les installations de traitement. Ainsi, pour déterminer la composition des matières acheminées, le contenu de plus de 4000 camions se rendant à 16 centres de tri répartis à travers toute la province a été analysé. Pour ce qui est des matières sortantes, 120 échantillons de rejets et 121 échantillons de bois ont également été collectés et triés. Bref, il s’agit d’un exercice inédit et fiable visant à brosser un portrait général de la situation au Québec.
Que devrait-on retenir des résultats de l’étude? Trois principaux éléments attirent notre attention. Premièrement, les matières acheminées vers les centres de tri de CRD correspondent majoritairement aux matières acceptées dans ce secteur. Effectivement, les lots livrés contiennent en moyenne 88,9 % de matériaux acceptés. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une note parfaite, nous notons tout de même que cette proportion est nettement plus élevée que pour la collecte sélective. Parmi les matières acceptées, on retrouvait principalement du bois (52%), du gypse (7%) et du béton (6%). Les non-visées, pour leur part, étaient en majorité associées à la catégorie assez large « Gros électroménagers/appareils ménagers de comptoir/outils électriques/meubles/autres articles de maison et pneus », cette dernière représentant environ 8% des lots analysés.
Deuxièmement, nous notons qu'une forte proportion du bois trié est destiné à la valorisation énergétique (entre 44 et 56% selon la catégorie de bois). Ce résultat n’est pas, en soi, surprenant; notre rapport sur la valorisation énergétique mettait en lumière le potentiel du bois comme principale matière d'intérêt pour certains procédés de valorisation énergétique. Il est toutefois dommage de constater qu’une faible portion du bois récupéré est réutilisé pour des usages de nature comparable à son utilisation initiale, ce qui serait préférable du point de vue de la hiérarchie des 3RV-E.
Finalement, la nature des rejets des centres de tri de CRD nous paraît intéressante. Les trois principaux groupes de matières composant les rejets sont le bois (32%), le métal, verre, plastique, carton et papier mélangés (19%) et les matières non visées (18%). RECYC-QUÉBEC note que ces résultats sont en partie explicables par le fait que les centres de tri de CRD ont une capacité limitée de traitement des matières qui ne leur sont pas initialement destinées ou de celles ayant une faible granulométrie.
Pour en apprendre davantage, consultez le rapport complet de RECYC-QUÉBEC :
Un premier cap franchi pour un centre d'achat uniquement voué au réemploi
Tricentris, une coopérative gérant trois des plus grands centres de tri au Québec, œuvre à mettre sur pied un centre d’achat dédié au réemploi. L’organisation, qui souhaite ouvrir le centre au public en 2027, a franchi un cap important en faisant l’acquisition d’une usine de transformation de papier à Saint-Jérôme.
Situé à proximité de regroupements de grandes chaînes de magasins, l’usine sera rénovée afin d’abriter de 15 à 20 boutiques de réemploi indépendantes. La coopérative souhaite qu’à terme ces dernières permettent d’offrir des produits de seconde main diversifiés allant des vêtements aux appareils électroniques en passant par les meubles. Des locaux seront également alloués à l’organisation de boutiques éphémères souhaitant tester ou développer de nouveaux concepts. Le tout sera chapeauté par des espaces d’entretien et de réparation pour les citoyens. Ces derniers pourront également bénéficier de formations offertes sur place afin de développer une certaine autonomie face à la prolongation de la durée de vie de leurs biens.
En entrevue avec Le Devoir, le directeur général de Tricentris affirme que ce nouveau projet vise à rejoindre le grand public. À ses dires, les personnes qui magasinent déjà dans les friperies ou des les ressourceries font partie des « convaincus ». En ce sens, le projet de centre d’achat de réemploi vise à élargir l’adhésion aux pratiques qu’il mettra en valeur, notamment en misant sur les économies qui peuvent en résulter.
L’initiative de Tricentris nous semble prometteuse. En effet, bien que le concept d’un centre d’achat de réemploi ait ouvertement été inspiré par un exemple existant en Suède, on ne peut que saluer l’ambition déployée pour importer le concept en sol québécois. Nous croyons d’ailleurs que le gouvernement pourrait en faire davantage pour soutenir ce genre d’initiative. Par le passé, nous avons notamment évoqué une réduction de la redevance à l’élimination pour les rejets des organismes de réemploi ou encore une exemption de taxe de vente pour les produits usagés vendus par des entreprises de réemploi.
Pour plus d’information, consultez le communiqué de Tricentris :
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