Éditorial

Consigne : Réajustons le tir

Vous le savez peut-être, je suis un des plus grands défenseurs de ce système de récupération des contenants de boisson qu’est la consigne. Mais la façon dont son élargissement progresse m’inquiète. La consigne sur les contenants de boisson est non seulement souhaitable, elle est également nécessaire. Ne faisons pas en sorte que ce système, appuyé par l’ensemble de la population et qui est aussi bénéfique pour l’environnement que pour l’économie, ne se saborde lui-même…

Quoi de neuf au FCQGED

Assemblée générale annuelle du FCQGED

L’Assemblée générale annuelle du FCQGED a eu lieu le 28 mai dernier dans une atmosphère conviviale. L'Assemblée s’est déroulée à Montréal, mais elle a été rendue accessible à l’ensemble des membres qui souhaitaient y participer en visioconférence. Ainsi, nous avons pu regrouper des citoyens et des groupes de six régions de la province.

En plus de revoir les activités de l’organisme pour l’année 2025-2026, nous avons également pu présenter notre plan d’action pour l’année en cours. C’est donc avec enthousiasme que nous continuerons à mettre en place les initiatives et les projets que nous avons eu la chance de présenter à nos membres.

Si, comme les participants à l’Assemblée, vous souhaitez nous aider à concrétiser notre vision d’un Québec qui gère ses matières résiduelles de manière réellement responsable, vous pouvez soutenir nos activités en faisant un don. En tant qu’organisme de charité, le Front commun émet des reçus donnant droit à un crédit d’impôt pour tout don effectué. Si vous souhaitez vous joindre aux prochaines Assemblées annuelles et contribuer à la gouvernance du FCQGED, vous pouvez devenir membre dès maintenant!

Inscrivez-vous à la ciné-rencontre : La PouBelle Province avec Simon Paré-Poupart

Assistez à une projection de film gratuite et échangez avec Simon Paré-Poupart, auteur du livre Ordures! Journal d’un vidangeur. Le 22 juin prochain, la Semaine québécoise de réduction des déchets (SQRD) s’allie à la Ville de Brossard pour vous proposer un événement inédit : une projection exclusive du documentaire La PouBelle Province suivie d’une discussion avec le réalisateur, Denis Blaquière, et le vidangeur et sociologue Simon Paré-Poupart. Il s’agit d’une opportunité unique de dialoguer avec des figures de proues de la gestion écologique des déchets au Québec !

La PouBelle Province déterre un scandale auquel tout payeur de taxes devrait s'intéresser : la gestion des déchets au Québec est un désastre écologique doublé d’un échec économique. Les efforts des citoyens sont anéantis par le manque d’investissement dans notre industrie de la récupération et du recyclage. Pendant ce temps, les propriétaires des grands dépotoirs font des affaires d'or et nous continuons d'enfouir des tonnes de matières dont 80 % sont pourtant recyclables ou compostables.

L’événement aura lieu le 22 juin 2026 à 18h30 à la bibliothèque de Brossard Georgette-Lepage. Les inscriptions sont gratuites, mais obligatoires. Faites vite, car les places sont limitées !

Dossiers à suivre

Le gouvernement ignore les recommandations du BAPE à Mont-Laurier

Le gouvernement du Québec a émis un décret permettant l’agrandissement du lieu d’enfouissement technique (LET) de Mont-Laurier. Malgré les quelques conditions inscrites au décret, ce dernier tend à ignorer les nombreux avis émis par la commission du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) dans son rapport sur le projet paru en juin 2025. Bien qu’un suivi concernant le traitement des eaux rejetées par le site ait été intégré, la plupart des recommandations du BAPE ont été balayées de la main.

Afin de remettre en contexte la décision du gouvernement, il est important de considérer ce que le BAPE avait indiqué dans son rapport. En effet, bien que, dans l’ensemble, la commission se soit montrée favorable au projet, elle remettait en question une foule d’éléments liés à la conception de celui-ci. Trois d’entre eux avaient particulièrement retenu notre attention.

Premièrement, la capacité annuelle de 15 000 tonnes métriques demandée par l’initiateur semble nettement plus élevée que les besoins actuels et anticipés pour la région desservie par le LET de Mont-Laurier. Ce constat était d’ailleurs maintenu, même en considérant le besoin d’une « marge de manœuvre » revendiquée par l’initiateur pour faire face à des augmentations ponctuelles de la quantité de matière dues, par exemple, à des aléas climatiques.

Deuxièmement, les pratiques de recouvrement journalier sur le site n’ont pas fait l’objet d’un encadrement spécifique par le gouvernement. Le BAPE avait pourtant émis une préoccupation face à l’utilisation de matières résiduelles broyées utilisées comme source de recouvrement sur le site. Selon la commission, cette stratégie, combinée à une augmentation importante de la quantité de recouvrement journalier utilisée, permettait au gestionnaire du site d’éviter de payer une redevance sur des matières qui auraient normalement été enfouies. Elle donnait également un portrait artificiellement favorable de la réduction à l’élimination dans la région.

Finalement, le décret permettant l’autorisation du LET de Mont-Laurier ne prévoit pas de disposition particulière quant à la gestion des biogaz. Le rapport du BAPE soulignait toutefois que l’absence de mécanisme de destruction des biogaz était particulièrement dommageable dans le cas du projet à l’étude. En effet, puisque les municipalités environnantes avaient de moins bonnes performances au niveau du détournement des matières organiques de l’enfouissement, le site générait proportionnellement plus de méthane. Or, en raison de sa faible envergure, le site n’avait pas d’obligation réglementaire d’assurer la valorisation ou la destruction du biogaz émis par ses activités.

Nous sommes inquiets de constater que le gouvernement ne paraît pas avoir pleinement pris acte des recommandations du BAPE. Ces dernières ne nous semblaient pourtant ni radicales ni excessives. Au contraire, elles mettent en lumière des enjeux fondamentaux dans la conception du projet d’agrandissement du LET de Mont-Laurier. Une perspective optimiste permettrait d’avancer l’idée que le gouvernement n’a pas prévu de disposition particulière au décret, car il entend revoir de manière plus générale l’encadrement de la destruction des milieux humides, des biogaz ou du recouvrement journalier. Nous ne sommes toutefois au courant que d’intentions affectant la destruction des milieux humides. D’ailleurs, les reculs généraux observés au cours des derniers mois en environnement pourraient miner la probabilité d’une évolution positive à court terme.

Pour plus d’informations, consultez le décret émis par le gouvernement ou le rapport du BAPE sur le projet d’agrandissement du site d’enfouissement de Mont-Laurier :

La régulation des SPFA dans l'œil de Trump : quel avenir pour le Canada ?

Un article récent du quotidien britannique The Guardian révélait que le gouvernement états-unien semble vouloir substituer la « destruction » des SPFA en aval de la consommation à l’encadrement de leur usage par les producteurs. Cette annonce a été faite dans le sillage de l’abandon par l'administration Trump de nouvelles régulations contrôlant la présence de quatre SPFA dans l’eau potable.

Les SPFA (substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées) sont une famille de substances chimiques regroupant plusieurs milliers de composés. En raison de leur stabilité chimique, elles sont difficiles à dégrader et tendent à persister dans l’environnement. Les SPFA sont notamment associés à plusieurs types de cancers, à des dysfonctions immunitaires, à des maladies des reins et plus encore. Ainsi, l’élaboration de règles entourant leur usage a un impact majeur sur la santé des populations.

En considérant ces éléments, la nouvelle approche préconisée par le gouvernement états-unien a été vivement critiquée par une panoplie d’observateurs. Les experts jugent notamment que la destruction des SPFA est une avenue coûteuse qui ne permet pas d’assurer la sécurité du public. En effet, plusieurs méthodes de « destruction » des SPFA n’assurent qu’une décomposition partielle des molécules. Or, les substances obtenues à l’issue de ces procédés ne seraient pas nécessairement moins nocives que celles dont la destruction est recherchée.

Plus fondamentalement, des critiques ont été émises quant à l’idée que la gestion en aval était la solution à retenir pour faire face à l’enjeu posé par les SPFA. Des inquiétudes ont été émises quant à la manière dont cette avenue favorise disproportionnellement les intérêts des producteurs privés à la santé publique. Des parallèles peuvent être faits avec la captation du carbone comme solution aux changements climatiques; dans les deux cas, les experts et groupes environnementaux s'entendent pour dire que la solution technologique, de par son caractère inefficace, onéreux et spéculatif, n’est pas substituable à une modification des processus de production en amont.

Au-delà de leurs répercussions sanitaires, les décisions de l’administration états-unienne en lien avec la régulation des SPFA pourraient également avoir un impact au Canada. Selon un article du National Observer, plusieurs groupes environnementaux canadiens sonnent l’alarme face à d’apparents délais dans l’ajout de plusieurs SPFA à la liste des substances toxiques de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement. Cette classification représenterait une première étape vers l’adoption de règlements permettant un contrôle plus strict de l’utilisation de ces substances. Or, l’ajout des SPFA à la liste a été entamé il y a cinq ans, une période considérable en comparaison aux deux années ayant suffi pour intégrer les produits manufacturés en plastique à la liste. Les groupes craignent que les délais révèlent une hésitation du gouvernement à exercer un contrôle plus sévère des SPFA.

L’évolution lente de la réglementation canadienne soulève d’autant plus de préoccupations qu’elles se produisent au moment où des instances états-uniennes paraissent exercer une pression en faveur d’une dérégulation. Dans son rapport annuel, le représentant états-unien du commerce a évoqué pour la première fois en 2026 l’idée que les normes canadiennes en matière de SPFA représentaient une barrière au commerce entre les deux pays. Des lobbyistes de la chambre de commerce des États-Unis ont également multiplié les rencontres portant sur les SPFA avec des élus canadiens au cours des derniers mois.

Cette apparente pression s’exerce alors que le gouvernement canadien renonce à un nombre croissant de règles et de protections environnementales, une tendance que nous avons dénoncée dans le cadre des activités de la coalition Vire au Vert.

Plainte contre Stablex auprès d’instances internationales

Une communication a été déposée à la Commission de coopération environnementale (CCE) concernant le projet de réaménagement du site d’enfouissement de matières dangereuses résiduelles et de sols contaminés de Stablex à Blainville. La communication, émise par un citoyen canadien, allègue que le Canada omet d’appliquer de manière effective ses lois environnementales en ce qui concerne la protection d’oiseaux migrateurs et d’espèces en péril ainsi qu’en permettant le rejet de substances nocives dans l’environnement au-delà des limites prévues par la loi.

Plus précisément, la communication avance que des travaux auraient été réalisés durant la période de nidification, une pratique qui contreviendrait notamment à la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs. L’émetteur du document soutient également que des échantillons citoyens auraient révélé des concentrations élevées de cadmium dans les eaux de surfaces à proximité du site de Stablex. Ce constat permettrait d’inférer que les activités de l’entreprise représentent une menace pour l’écosystème du lac Fauvel.

La CCE est une organisation internationale dont le fonctionnement est régi par l’Accord-Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) et qui a pour mission de favoriser la coopération et la participation publique à des fins de protection de l’environnement. La réception de cette communication est la première étape d’un processus qui pourrait conduire la Commission à produire un dossier factuel sur les sujets abordés par le citoyen.

Bien que nous soyons défavorables au réaménagement du site de Stablex et que nous saluions l’implication des citoyens mobilisés dans ce dossier, il nous est difficile d’anticiper si la communication transmise à la CCE aura l’impact désiré. D’une part, nous ne sommes pas en mesure de corroborer que des travaux ont eu lieu durant la période de nidification, une affirmation qui semble centrale à la communication. D’autre part, il sera intéressant de voir si un échantillon citoyen sera considéré comme admissible par la commission.

Pour en apprendre davantage, suivez l’évolution du dossier sur le site de la Commission de coopération environnementale :

Nouvelles de nos membres et partenaires

Une victoire pour Ambioterra devant le Tribunal administratif du Québec

Le Tribunal administratif du Québec (TAQ) a rejeté le projet d’usine de production d’asphalte à Havelock, une position qui correspond à celle défendue par l’organisme Ambioterra. Le projet prévoyait l’établissement de l’usine sur le site d’une carrière jusqu’en 2039, soit la date prévue de fin d’exploitation de la zone visée.

Ambioterra s’est vivement opposé à l’idée d’une usine de production d’asphalte sur le territoire ciblé par l’initiateur du projet. Dans un communiqué émis en 2024, l’organisme résumait une série de préoccupations qui justifiaient son objection; on y retrouvait, entre autres, un risque élevé d’incendie majeur, la perspective de contamination des eaux souterraines et de pollution atmosphérique, et la crainte d’impacts importants pour les producteurs maraîchers et acéricoles limitrophes.

L’entreprise souhaitant développer le projet avait d’abord interpellé la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ). Cette procédure s’était soldée, en 2024, par un jugement défavorable de la commission à l’égard du projet. En confirmant la décision de la CPTAQ, le TAQ vient renforcer la validité des préoccupations mises de l’avant par Ambioterra, par les municipalités et par les producteurs agricoles.

Ambioterra est un organisme à but non lucratif et de bienfaisance qui œuvre à la protection de la biodiversité, particulièrement à la protection des espèces en péril au Québec. Depuis 2009, Ambioterra concentre ses efforts à réaliser des projets de protection des milieux naturels et agricoles en Montérégie Ouest. Pour en apprendre davantage sur ses activités, consulter leur site web :

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Le FCQGED dans les médias

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Sur la disparition des collectes itinérantes de RDD à Montréal

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